Football / Racing - Bâle ce soir (18h) en 8es de finale retour de la Coupe de l'UEFA
Difficile d'y croire Plombée par la défaite concédée voilà huit jours en Suisse (2-0), le Racing aura fort affaire s'il veut à nouveau se hisser en quarts de finale de la Coupe d'Europe. Sauf miracle, l'étonnante aventure prendra fin ce soir, sans que le public alsacien n'ait eu le temps de s'enflammer. Dommage.
Habib Bellaïd, porté en triomphe par Ricardo Faty après son but à Rome, et les minots bleus sont remobilisés ce soir. (Photo DNA - Christian Lutz-Sorg)
Tout a commencé à Bâle, un soir d'octobre, dans un stade Saint-Jacques médusé. Tout risque de s'achever contre Bâle, presque six mois plus tard, dans l'anonymat complet.
La Meinau, où pas plus de 9 000 spectateurs sont attendus - dont un bon millier de Suisses -, risque d'assister à la dernière sortie européenne du Racing avant longtemps.
La coup d'éclat en terre suisse (2-0), pour la journée inaugurale de phase de poule, avait fait naître un fol espoir.
Après avoir expédié les gentils Autrichiens du Graz AK au premier tour, les Alsaciens avaient d'un coup d'un seul pris conscience de leur capacité.
« On n'a pas partagé de moments
privilégiés avec les Alsaciens »
Ce soir-là, le Racing s'était amouraché de l'Europe. Celle-ci ne lui a pas bien rendu. Tout juste a-t-elle permis de révéler que cette équipe valait mieux que son triste classement en championnat. L'exploit de Rome, les victoires contre Lovech et Tromsö, le nul arraché face à l'Étoile Rouge sont toujours restés sans lendemain.
Surtout, l'Europe n'est jamais parvenue à passionner les foules. Contrairement à l'épopée homérique de 1997, où toute la région s'était mobilisée derrière la troupe de Duguépéroux, quand les Rangers, Liverpool ou l'Inter étaient tombés à la Meinau, le public a à peine frémi.
« On n'a pas partagé de moments privilégiés avec les Alsaciens, déplore Duguépéroux. L'engouement autour des matches, à l'extérieur comme en interne, n'a rien à voir avec l'aventure d'il y a dix ans. Dans l'année du centenaire, c'est dommage de snober l'Europe. Ce n'est quand même que la sixième fois dans l'histoire du club qu'on en arrive à ce stade-là. »
Des titulaires au repos,
des jeunes relancés
Lassée par les péripéties domestiques, la Meinau a fini par bouder la Coupe et lui tourner le dos. Une réconciliation spontanée paraît peu probable. A moins, bien sûr, que le Racing crée ce soir l'exploit. Même si Christian Gross, l'entraîneur de Bâle, affiche une grande prudence (lire ci-contre), l'affaire ne devrait pourtant pas faire de pli.
Plus concerné par la rencontre de championnat à venir, dimanche à Saint-Étienne, Jacky Duguépéroux s'est déjà fait une raison. Il ne le dit pas explicitement, bien sûr, mais la composition de son équipe suffit à le démontrer. Des garçons comme Abou, Hosni, Lacour et Abdessadki - ce dernier souffre d'une tendinite, a-t-on appris hier soir -, seraient ainsi laissés au repos.
Même Diané, meilleur strasbourgeois de cette fin d'hiver, pourrait être ménagé. « Il se dit fatigué, explique l'entraîneur. Même s'il a joué beaucoup de matches, on ne va quand même pas invoquer l'épuisement total. Je vais encore parler avec lui demain matin (aujourd'hui). »
« A Rome, notamment,
ils avaient assuré »
Comme un seul homme - Diané mis à part, donc -, les Strasbourgeois affirment haut et fort qu'il vont disputer ce match « à fond. » Malgré les nombreux forfaits et les choix de l'entraîneur, le Racing serait en mesure de remonter son handicap et d'inverser le cours des événements.
Pour déstabiliser la solide défense suisse et contrer les assauts ordonnés par le chevelu Delgado, Duguépéroux confiera les clés du camion aux jeunes, à l'image de Faty, Bellaïd ou Carlier. « Ils ont les crocs, poursuit-il. A Rome, notamment, ils avaient assuré. Ces dernières semaines, on les voit un peu moins. A eux de montrer qu'on peut compter sur eux. »
Malgré l'envie des minots, l'ensemble parait un peu léger alors qu'il s'agit de remonter deux buts aux Suisses sans en prendre le moindre. Tout cela commence méchamment à sentir la fin de parcours. Bâle, terminus, tout le monde descend ?