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Prune Invité
 | Sujet: Les châteaux Lun 1 Mai - 17:58 | |
| On distingue plusieurs types de châteaux forts en Alsace : La pfalz (du latin palatium, palais), résidence des rois et des empereurs. Elle est caractérisée par une grande salle (aula), une chapelle, des salles d’apparat et des bâtiments domestiques (Haguenau, Kirchheim, Brumath, Erstein). Les châteaux de plaine sur motte. Composés d’un tertre et d’une basse-cour, ils sont protégés par des fossés (le plus souvent en eau), renforcés d’un rempart. Le tertre porte généralement une tour en bois (plus rarement en maçonnerie), refuge défensif et habitat du châtelain. La wasserburg : château de plaine entouré de douves (fossés en eau) alimenté par un cours d’eau (cf. Osthouse, mais dont les fossés sont à sec aujourd'hui). Les châteaux de plaine de plan octogonal : ils sont au nombre de quatre en Alsace dont Wangen Les châteaux troglodityques en montagne : implantés sur, contre et à l’intérieur de barres rocheuses, ils sont fréquents dans les Vosges du Nord et le Palatinat. Le seigneur habite au sommet du rocher. Un réseau d’escaliers et de pièces à usage divers (cuisines, écuries, caves, etc.) est creusé dans le rocher. La basse-cour se développe au pied du château (Fleckenstein, Vieux-Windstein, Schoeneck). Le château fort est constitué d’éléments défensifs tels que le pont-levis, la herse, les mâchicoulis ou les tours. Mais si tous les édifices possèdent des points communs, il demeure des particularités qui font de chaque château un élément unique à découvrir. Pour les châteaux de montagne, un ou plusieurs fossés sont généralement creusés afin de le détacher du relief, alors qu’en plaine, ils en sont totalement entourés. Le portail d’entrée est toujours bien protégé, et généralement situé près du donjon. Quelquefois, la porte est complétée par un assommoir. Le mur d’enceinte est essentiel : il est parfois renforcé de fausses-braies, de tours de flanquement et de bastions. La défense est également assurée par le chemin de ronde, dans certains cas muni de hourds. Le donjon (Bergfried) est le symbole du pouvoir seigneurial. Il peut être circulaire (La Roche, Fleckenstein, Freudeneck), carré (Haut-Barr, Girbaden) ou pentagonal (Bernstein, Ochsenstein, Wasigenstein). Il protège l’entrée principale et on y pénètre toujours par l’étage. Ce n’est pas seulement un refuge, car il peut être habitable, servir de guet et de prison. Les habitants du château, principalement en montagne, vivent quasiment en autarcie. Dans la basse-cour sont installés des bâtiments à usage domestique, comparables à ceux d’une ferme (écuries, étables, porcheries, granges) et des ateliers artisanaux (travail du bois, du métal, du cuir, de l’os, etc.) afin de subvenir aux besoins des châtelains. On peut également y trouver jardins et potagers. |
|  | | Prune Invité
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 1 Mai - 17:59 | |
| Les châteaux des Vosges du Nord HohenbourgLe château est transformé en résidence au 16ème siècle. Belle porte d'entrée Renaissance et tourelle d'escalier, toutes deux ornées des armoiries des Sickingen. Importante barbacane (fin 15ème s.) en fer à cheval. Altitude 553m FleckensteinChâteau bâti sur une gigantesque barre rocheuse de 125 m de long. Il est attesté au 12ème s., restauré au 15ème s. Salles et escaliers taillés dans le rocher. Fenêtre à meneau portant les armoiries des Fleckenstein. Citerne à filtration située sur la plate-forme. Altitude 340m FroensbourgChâteau construit au 13ème s. et détruit au milieu du 14ème s. Un donjon faisait face à l'attaque, à l'extrémité Nord. Nombreuses salles taillées dans le rocher. Plate-forme accessible. Altitude 305m Loewenstein : Château détruit au 14ème s. Vestiges de murailles, d'une tourelle d'escalier et d'une citerne. Wegelnburg (D) : Château semi-troglodytique situé à côté de Hohenbourg. Construit au début du 13ème s., détruit par les Français en 1680. Vestiges de citernes et d'un moulin. Vieux-Windstein Château semi-troglodytique avec plusieurs portes, fosses et salles taillés dans le roc. Galeries de mines du siège de 1332. Tout proche, le château du Nouveau-Windstein Tour d'habitation renforcée du côté de l'attaque par un mur-bouclier. Logis remanié au 14ème siècle. Bretèche et bastion d'artillerie circulaire (16ème siècle). Entre les deux, vestiges d'un troisième château dont on ne sait rien. Nouveau-Windstein Altitude 340 à 370m Schoeneck Château bâti vers 1200, restauré aux 16ème et 17ème siècles. Vestiges des logis du 13ème s. et du donjon pentagonal. Entrée (16ème s.) protégée par deux bastions d'artillerie. Altitude 380m Wasenbourg Site occupé dès l'antiquité. Le logis et la cour sont protégés par un important mur-bouclier (4 m d'épaisseur). A l'intérieur du logis, frise décorée d'une tête humaine (13ème siècle). Grande baie à 9 lancettes ogivales. Altitude 432m Hohenfels : Château bâti sur une arête rocheuse. Logis (13ème s.) avec une belle façade, vestiges de latrines. Wasigenstein : Deux châteaux: Grand-Wasigenstein, avec donjon pentagonal, mur-bouclier (13ème siècle), logis et chapelle. Petit-Wasigenstein, Wohnturm de 4 étages incluant une citerne à filtration. Présence d'un mur-bouclier. Altitude 350m Lutzelhardt Château cité dès 1250, ruiné au début du 16ème siècle. Comprend un donjon massif de forme carré, vestiges de plusieurs logis. Altitude 330m Petit-ArnsbergChâteau semi-troglodityque abandonné probablement au 15ème s. Escaliers, couloirs et salles taillés dans le rocher. Tour du 15ème qui permettait d'accéder au haut-château. Altitude 300m Lichtenberg Le château est érigé début 13ème s. sur une colline et domine le village. Dans la seconde moitié du 16ème s., le château est transformé en forteresse par Daniel Specklin, architecte de la ville de Strasbourg. Il est détruit au cours de la guerre de 1870. Le bâtiment central est composé de deux tours, dont l'une d'elles, avec des vestiges de peintures murales, a pu servir d'oratoire (15ème siècle). Ancienne citerne. Le site intègre actuellement une architecture contemporaine liée à des activités culturelles. Altitude 414m La Petite Pierre ou Lützelstein : Siège de la Maison du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord. Château médiéval inclus dans une forteresse reconstruite par Vauban. Citerne du 14ème s. à l'intérieur du bâtiment. Ruines du logis roman à l'extrémité occidentale du rocher. Système de citernes taillées au pied sud du rocher. Altitude 481m Haut-Barr Le site occupe trois rochers conservant des vestiges romans. Le château est transformé en forteresse au 16ème s. (tourelle d'entrée, bastion d'artillerie nord), puis démantelé après 1648. Sur le rocher central, logis le mieux conservé avec deux fenêtres géminées en façade. Belle chapelle castrale romane. Enceinte extérieure avec tours d'artillerie (16ème s.) Altitude 460m Greifenstein ou Griffon : Deux châteaux occupent la même crête. Vieux-Greifenstein, à l'ouest, avec le plus grand donjon roman d'Alsace (13 m de côté), possédant encore sa porte et ses latrines et Petit-Greifenstein, surplombant le rocher, dont subsiste le donjon carré en pierres à bossages. Altitude 360m Grand-Geroldseck : Possession jusqu'au 14ème s. d'une puissante famille qui en prit le nom, le château est délabré au 15ème s. Devenu repaire de chevaliers brigands, il est assiégé et détruit en 1471. Vestiges d'un important donjon en pierres à bossages bâti vers 1200, et de la cave auparavant voûtée du logis seigneurial roman. Tout proche, château du Petit-Geroldseck (13ème s.). Subsiste un donjon en pierres à bossages, quelques vestiges du logis. Le château est apparemment détruit en même temps que son voisin en 1471. Altitude 481m |
|  | | Prune Invité
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 1 Mai - 17:59 | |
| Les châteaux des Vosges moyennes Spesbourg Château construit vers 1246 pour Alexandre de Dicka, avoué de l'abbaye d'Andlau. Donjon carré et logis protégés par un imposant mur-bouclier (13ème s.). Vestiges de peintures murales dans les fenêtres. Basse-cour abritant des bâtiments du 16ème s. Altitude 452m Haut-Andlau Château construit vers le milieu du 13ème s. par Evrard d'Andlau. Confisqué à la Révolution, il est encore habité jusqu'en 1796. A partir de cette date, il est vendu à un commerçant qui le démantèle pièce par pièce. Il est composé d'un vaste corps de logis, flanqué aux deux extrémités d'un donjon cylindrique. On y entre par une porte en arc brisé. Bâtiment comportant une cave avec, du côté Est, une série d'archères à niche, et deux étages percés de fenêtres géminées en arc brisé. Altitude 450m Kintzheim Première mention du château en 1270. Acheté par la ville de Sélestat au 15ème s., le château est revendu au 17ème s. Château comprenant un donjon circulaire complété par un mur-bouclier, des logis et une chapelle. Le site abrite la "Volerie des Aigles". Altitude 330m Haut-Koenigsbourg Possession des Hohenstaufen au 12ème s., puis des Habsbourg à partir du 15ème s. Reconstruit par les Tierstein à la fin du 15ème s., puis par les Sickingen aux 16ème et 17ème s. Restauré de 1900 à 1908 par l'empereur Guillaume II de Hohenzollern et l'architecte Bodo Ebhardt. Grand donjon carré, salle des fêtes ornée de boiseries, collections de mobiliers et d'armes des 15ème et 17ème s., fresques de Léo Schnug. Chambre lorraine, salle de chasse, jardin Renaissance, grand bastion. Altitude 757m Oedenbourg ou Petit-Koenigsbourg : Situé à 200m du Haut-Koenigsbourg. Château datable, dans l'ensemble, de la deuxième moitié du 13ème s. Logis protégé par un mur-bouclier. Donjon carré avec base romane, cour abritant une citerne. Nideck : Châteaux bâtis au 13ème s., assiégés en 1448 et en 1454 puis détruits par un incendie en 1636. Deux châteaux : Bas-Nideck (13ème s.) conserve un donjon carré et les vestiges du logis. Haut-Nideck, vestiges du logis protégé par un puissant mur-bouclier. Altitude 573m GuirbadenLe plus grand château d'Alsace par sa superficie. Il comprend deux parties séparées par un fossé. A l'est, vestiges du château primitif : logis (12ème s.), donjon carré et palais (13ème s.). A l'ouest, grande enceinte avec donjon (13ème s.), chapelle Saint-Valentin (12ème s., reconstruite au 19ème s.). Altitude 565m Hohenstein : Château construit à la fin du 12ème siècle. En 1337, l'évêque Berthold de Buchek y est retenu prisonnier, dès sa libération il fait entièrement raser le château. Rares vestiges de la courtine, de tours et du donjon roman en pierres à bossages. Grand-Ringelstein :Le château est bâti au 12ème siècle. Du côté de l'attaque, vestiges du donjon pentagonal. Citerne aménagée dans le rocher. OttrottDeux châteaux : Rathsamhausen, grande tour d'habitation romane, donjon et enceinte incluant une tour en fer à cheval (13ème s.) Barbacane et fausses-braies (15ème s.) Lutzelbourg : donjon rond et courtine du haut-château (13ème s.) Logis nord reconstruit au 15ème s., adjonction d'un nouveau portail, de fausses-braies et d'une tour de flanquement. Altitude 485m Birkenfels Petit château résidentiel (13ème s.) avec corps de logis à trois niveaux, percés de meurtrières à niche et de grandes fenêtres. Donjon pentagonal inachevé. Altitude 675m Landsberg Haut-château avec donjon carré et magnifique palais roman, remarquable oriel en façade. Au 13ème s., construction, à l'avant de ce haut-château, de deux logis avec tours de flanquement. Remaniement au 15ème s. (courtine aménagée pour les armes à feu). Altitude 585 m Hagelschloss ou Waldberg : Construction du château à la fin du 12ème s., détruit en 1406. Logis dont l'une des façades se posait sur un impressionnant arc de portée. Kagenfels : Château construit au 13ème s., modernisé aux 15ème et 16ème s. (bastion pentagonal du 15ème s.). Il est déjà ruiné en 1664. Vestiges du logis et de la base du donjon rond. Actuellement en cours de restauration par des bénévoles. Dreistein : L'histoire de ces châteaux est méconnue, ils sont probablement construits dans la deuxième moitié du 13ème s. Une faille sépare le château occidental (vestiges de murs et d'une tour ronde) et du château oriental qui possède un donjon circulaire et un logis percé d'une grande baie géminée. Bernstein Le château (vers 1200) est composé d'un donjon pentagonal, d'un logis et d'une tour renfermant une chapelle. Présence d'une citerne souterraine en contrebas du château, dans la basse-cour. Altitude 552m Frankenbourg L'enceinte polygonale du château suit les bords abrupts du rocher, vestiges du donjon cylindrique (13ème s.). Dans la cour, restes du palais roman et d'un puits. Altitude 703m Ortenbourg : Forteresse bâtie vers 1260. Siège du château en 1293 par Otto d'Ochsenstein qui fait ériger le Ramstein tout proche, comme château de siège. Au 15ème s. c'est un repaire de chevaliers brigands. En 1633, les Suédois incendient le château. Impressionnant donjon pentagonal de 35 m de haut, protégé par une chemise (13ème s.) percée de meurtrières à niche. Le vaste logis s'étend à l'arrière. Altitude 443m Ramstein : Château de siège construit en 1293 pour assiéger l'Ortenbourg. Restauré aux 14ème et 15ème s. Incendié par les Suédois en 1633. Vestiges de la tour d'habitation et de la basse-cour. Bilstein-Urbeis : Château construit sans doute vers la fin du 12ème siècle. En ruine dès 1543. Donjon carré en pierres à bossages, cour avec citerne. Deux belles fenêtres en tiers-point en façade du logis. Wangenbourg Le château (13ème siècle) se compose de différents éléments : donjon (début 14ème s.), tour de la Chapelle et deux logis (16ème s.). Dans la cour, base d'un donjon primitif et vestiges d'une citerne à filtration. Basse-cour à l' Est. Altitude 480m Freudeneck : Château construit à la fin du 13ème siècle, détruit au courant du 15ème siècle par la ville de Strasbourg. Ruines du donjon circulaire accolé à la courtine. Un important fossé le sépare de la montagne. |
|  | | Manu Rang: Administrateur


 Localisation: Alsace Nombre de messages: 18610 Age: 32 Date d'inscription: 13/04/2005
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 1 Mai - 18:15 | |
| | Citation: | Ortenbourg : Forteresse bâtie vers 1260. Siège du château en 1293 par Otto d'Ochsenstein qui fait ériger le Ramstein tout proche, comme château de siège. Au 15ème s. c'est un repaire de chevaliers brigands. En 1633, les Suédois incendient le château. Impressionnant donjon pentagonal de 35 m de haut, protégé par une chemise (13ème s.) percée de meurtrières à niche. Le vaste logis s'étend à l'arrière. Altitude 443m |
J'adore celui là situé à Scherwiller !!! |
|  | | ilan Chef de Rang au Manubierstub


 Localisation: Picardie land Nombre de messages: 3470 Age: 30 Date d'inscription: 10/11/2005
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 1 Mai - 18:19 | |
| je suis un grand fan de chateaux forts !! |
|  | | Prune Invité
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 1 Mai - 18:29 | |
| Histoire des châteaux forts en Alsace Avant l'an Mil :On ne parle pas encore de châteaux, mais de cours seigneuriales. Bâties en bois, elles sont érigées au centre du village ou en périphérie. En 880 : Richarde d'Andlau devient impératrice d'Occident, puis reine de France. En 962 : Le roi Otton Ier restaure l'Empire de Charlemagne sous le nom de Saint Empire romain germanique. 10ème et 11ème siècle : La haute noblesse s'approprie des terres par la construction d'un château, autrefois privilège exclusif du roi. Jusqu'au 11ème siècle, certaines familles comtales dominent, telles les Habsbourg ou les Eguisheim, profitant de l'effacement du pouvoir royal. Les sites castraux attestés au 10ème et 11ème siècles sont rares (Hohenbourg/Mont Sainte-Odile, Erstein, Ottrott). Bâtis en bois, terre et pierre sèche, ces premiers châteaux n'ont laissé que peu de traces. Au 12ème siècle : La querelle des investitures (qui prend fin en 1122 avec le concordat de Worms) oblige l'empereur à défendre sa légitimité face à l'Eglise. C'est au cours de cette période que le château en pierre s'impose. Une trentaine de nouveaux châteaux voient le jour à cette période (La Petite Pierre, Girbaden, Frankenbourg, Scharrach, Epfig, Fleckenstein). Deux types de construction défensive existent alors : la tour d'habitation (Wohnturm), où se fondent les fonctions d'habitat et de défense (Haut-Barr, La Roche, Rathsamhausen-Ottrott), et le donjon. Vers 1135, l'empereur Lothaire III divise l'Alsace en deux landgraviats : la Haute et la Basse-Alsace. De 1152 à 1190, Frédéric Barberousse règne sur le Saint Empire romain germanique. Au 13ème siècle : 1215-1230 : politique de construction de châteaux et de fondation de villes par le bailli impérial Woelfelin de Haguenau (Kaysersberg). Le château enchemisé est caractérisé par un mur d'enceinte haut et épais (appelé chemise) qui enserre les logis (Ortenbourg). Le mur-bouclier, déjà connu au 12ème siècle (Greifenstein, Warthenberg, Hunebourg), est bien présent au 13ème siècle (Spesbourg, Nouveau-Windstein, Wasenbourg, Oedenbourg). La cour disparaît ou se rétrécit, nécessitant la création d'une basse-cour. A cette époque, le donjon se généralise. De plan carré, il peut aussi être pentagonal (Bernstein) ou de forme circulaire (Lutzelbourg-Ottrott). La défense active apparaît avec la création de hourds et de tours de flanquement (Landsberg, Girbaden). Les meurtrières à niches apparaissent également et se multiplient dans les constructions. L'architecture castrale cherche à allier différentes exigences : les progrès défensifs et la recherche du confort. Le château devient le symbole de la chevalerie. Il fait, de la part de certaines familles, l'objet d'une véritable politique castrale pour la maîtrise d'un territoire. A la fin du 13ème siècle, les villes deviennent le centre du pouvoir et se fortifient. Les seigneurs, se fondant sur leurs châteaux, assurent leur autorité face à cette concurrence économique et militaire. Du 14ème au 16ème siècle : Peu de châteaux peuvent être attribués à cette période (Barr, Bouxwiller, Petit-Arnsberg, Bas-Andlau, Benfeld). Les châteaux de montagne connaissent une crise, dûe probablement à la succession de Rodolphe de Habsbourg (1273-1291). La noblesse, affaiblie par la crise économique et le besoin naissant de confort, quitte peu à peu les sites de montagne pour gagner les villes. En 1354, le roi Charles IV crée la Décapole : alliance de dix villes impériales d'Alsace (Haguenau, Wissembourg, Obernai, Rosheim, Sélestat, Colmar, Turckheim, Kaysersberg, Munster, Mulhouse) pour la défense de leur autonomie et la protection militaire. Au 14ème siècle débute également une phase de remaniement des châteaux forts avec, notamment, le souci de faire face au développement de l'artillerie (15ème s). Beaucoup d'entre eux sont transformés en véritables forteresses à partir du 16ème siècle (Lichtenberg, La Petite Pierre). Entre le 14ème et le 16ème siècle, les châteaux sont, pour la plupart, abandonnés spontanément ou suite à une destruction violente ou accidentelle. 17ème siècle :Entre 1618 et 1648, les Suédois, au cours de la guerre de Trente Ans, détruisent certains châteaux, bien que la plupart fussent déjà en ruine ou à l'abandon. Mais, entre 1638 et 1715, Louis XIV engage lui aussi une politique de destruction avec Louvois (1641-1691) et Montclar (1625-1690). Peu de châteaux seront encore habités jusqu'au 18ème siècle : Haut-Barr ou Haut-Andlau jusqu'en 1806. Enfin, le Haut-Koenigsbourg est l'un des seuls châteaux (avec le Hunebourg) à avoir été restauré au début du 20ème siècle. |
|  | | Prune Invité
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 1 Mai - 18:29 | |
| La vie dans les châteaux Tous les châteaux sont pourvus d'une grande salle d'apparat ou de représentation, qui est le centre du château. Ici se déroule la vie quotidienne du seigneur (lecture, couture, jeux de société). Richement décorée (peintures murales, plafonds peints, sculptures, boiseries, dallages) et confortable, elle est munie de fenêtres à banquettes, de cheminées monumentales et de poêles. Un riche mobilier (table, banc, chaise, coffre, bahut et vaisselier) ainsi que des tentures et tapis complètent le décor.  Les chambres à coucher sont équipées de lits, de coffres et de niches servant de placards. Les fenêtres sont munies de vitres (dès la fin 13ème siècle) et de volets. L'éclairage est assuré par des lampes à huile. Enfin, le château est équipé de commodités : latrines et bains garantissent une hygiène correcte. Les cuisines, avec éviers, cheminée et parfois four à pain, contiennent en outre tous les ustensiles nécessaires à l'exécution des repas. Dans le château, l'eau est indispensable : elle provient de sources, de puits (fréquents en plaine) et de citernes à filtration (Wasigenstein, Ochsenstein) qui garantissent une eau de bonne qualité. Enfin, de nombreux châteaux possédaient une chapelle (Haut Barr, Girbaden, Vieux-Windstein) assurant un lieu saint à l'intérieur des murs. Qu’y a-t-il au menu du seigneur ?Au menu du seigneur figurent gibier (les jours de fête), viande d’élevage (cochons, bœufs, chèvres), produits de la pêche et de la forêt (champignons, châtaignes), œufs, pain blanc, produits laitier, fruits, légumes et herbes aromatiques (ail, romarin, coriandre) provenant du potager, mais la base de l’alimentation est une bouillie de mil ou d’avoine. Les épices restent un produit de luxe, coûteux et rare. Le miel fait office de sucre. On consomme également au château, bière, hydromel et vin, tandis que le schnaps est considéré comme un remède jusqu’à la fin du Moyen Age ! La vie de châteauAu château, les occasions de se divertir ne manquent pas. La musique (harpe, psaltérion, guimbarde, flûte, sifflet ou encore cornemuse) et le chant, accompagnent certaines activités comme la couture ou la broderie. Hommes et femmes de la noblesse doivent savoir danser et s’y adonnent volontiers. On joue souvent, à la marelle, au tric-trac, aux échecs, aux dominos ou aux dés. Enfin, l’entraînement au tournoi ou au maniement des armes est une bonne source d’occupation pour les hommes ! |
|  | | dada94 Invité
 | Sujet: Re: Les châteaux Lun 6 Nov - 21:58 | |
| Je veux bien ajouter quelques photos de chateaux-forts alsaciens si ca interesse certains. |
|  | | Manu Rang: Administrateur


 Localisation: Alsace Nombre de messages: 18610 Age: 32 Date d'inscription: 13/04/2005
 | |  | | dada94 Invité
 | Sujet: Re: Les châteaux Mar 7 Nov - 10:16 | |
| Je rapatrie mes photos sur mon pc et j'envoie ça  |
|  | | Prune maître d'hôtel au Manubierstub


 Localisation: Strasbourg Nombre de messages: 2776 Age: 35 Date d'inscription: 11/05/2007
 | |  | | Fred_die_Wurst Modérateur


 Localisation: Ewerland Nombre de messages: 2146 Age: 37 Date d'inscription: 28/07/2006
 | Sujet: Château de Wildenstein Lun 11 Juin - 17:50 | |
| L'histoire du château  De nombreuses monnaies des IIIe et IVe siècles attestent d'une occupation du site dès l’époque romaine. Pour autant, ces faibles trouvailles ne permettent pas d'affirmer que Wildenstein était déjà un lieu fortifié en ces temps reculés. C'est dans une charte de 1312 que nous rencontrons pour la première fois le nom de Wildenstein (Le Rocher Sauvage). En cette année, le comte de Ferrette Ulrich III promet à son rival, l'abbé de Murbach, de ne construire aucun château sur les terres de l'abbaye à la condition de laisser Pierre de Bollwiller agir librement sur la montagne du Wildenstein.  Dans ce document, le château n’est pas expressément nommé, mais Pierre de Bollwiller n'a pas reçu la montagne en fief pour y cueillir des myrtilles ! La rivalité qui opposait ces deux grandes puissances féodales puisait en partie son origine dans le contrôle territorial de la vallée de Saint-Amarin. Le comte de Ferrette détenait le débouché de la vallée avec le château de l'Engelbourg et le péage de Thann. Le passage transvosgien par le col du Bussang était considéré à l'époque comme l'un des plus pratiquables et devenait une importante voie commerciale. L'abbé de Murbach possédait une grande partie de la vallée, le château et la ville de Saint-Amarin où il souhaitait lui aussi créer un péage. Il en avait obtenu le droit en accompagnant quelques années auparavant l’Empereur Frédéric II en croisade. Pour le comte de Ferrette ceci était inconcevable. Il attaqua à plusieurs reprises les possessions de l'abbaye avant d'être contraint à la soumission face à l'autorité supérieure. Par la construction du château du Wildenstein, Ulrich III espérait bien réaliser son rêve hégémonique et posséder un jour toute la vallée. Mais son dessein ne se réalisa pas. En 1324, il décédait en ne laissant aucun héritier mâle. Par le mariage de sa fille Jeanne avec Albert II le Sage, le comté de Ferrette devint possession autrichienne. Les Habsbourg, désormais suzerains du château de Wildenstein, n'avaient aucun intérêt particulier dans la vallée et ne continuèrent pas la politique menée par les Comtes de Ferrette, pas plus que les Bollwiller qui laissèrent tomber le château en ruines. Le fond de la vallée, appelé également haute vallée de la Thur, était occupé par les trois villages de Kruth, Fellering, et Oderen qui formaient la paroisse d'Oderen. Ils avaient un statut juridictionnel particulier qui échappait partiellement à la tutelle de l'abbé. En 1536, Jean de Bollviller vendit la ruine du Wildenstein et des droits qui permirent à l'abbé Georges de Masevaux de renforcer son autorité dans ce fond de vallée. Le château resta cependant en ruine. Mais les évènements religieux et politiques qui secouèrent l'Europe au milieu du XVIe siècle furent à l'origine de la résurrection du Wildenstein. En 1552, le roi de France Henri II s'impliqua personnellement dans la région en s'alliant avec des princes protestants opposés à l'autorité tentaculaire du parti catholique aux ordres de l'Empereur Charles Quint. A la suite de sa fulgurante chevauchée d'Austrasie, le roi de France occupa les évêchés de Toul, Metz, Verdun et plusieurs places fortes, rendant possible l'annexion du duché de Lorraine. Il s'apprêtait à traverser le Rhin quand les belligérants trouvèrent un règlement pacifique au conflit. On en resta momentanément là. Charles Quint avait été pris au dépourvu par cette attaque. Il établit immédiatement un véritable plan de défense afin d'assurer une protection efficace des terres autrichiennes en Alsace contre une éventuelle incursion française. Dans ce dispositif, de nombreux châteaux vosgiens et jurassiens furent modernisés et pourvus en armes : Ferrette, Landskron, Morimont, l'Engelburg, Honnack, Haut-Koenigsbourg. L'’Empereur ordonna notamment à l'abbé de Murbach la reconstruction du Wildenstein afin de contrôler les routes et cols environnants. C'est finalement du Nord que vint le danger quelques décennies plus tard, lors de la Guerre de Trente Ans. Ce conflit religieux et politique apporta une indescriptible misère dans la vallée de Saint-Amarin. En 1632, les troupes suédoises, alliées des Protestants, déferlèrent sur le Sundgau et investirent une à une les places fortes de la région. L'abbaye, craignant de voir tomber la forteresse, la cèda aux troupes du duc de Lorraine Charles IV, allié des impériaux pour un an. Elle demanda par la suite aux Français d'investir la place afin de la mettre sous la protection de leur roi. L'abbaye souhaitait surtout protéger les archives qu'elle avait placées au château ! Les Français encerclèrent Wildenstein et s'en emparèrent après un siège de plusieurs mois, en août 1633. Les lorrains purent se retirer librement du château avec les honneurs. Pour les habitants de la vallée, la présence française ne changeait rien sur le fond. Mais une fois maître de la place, le colonel De la Bloquerie exerça dans la région une tyrannie sans pareil. Voici l'extrait d'un compte rendu donné à l'administrateur de l'abbaye de Murbach : « Il veut impérativement ses 119 Reichstaler. Il demande également 20 à 30 hommes pour les corvées, ainsi que tout le gibier et les poissons qui sont attrapés dans la vallée. S'il pouvait nous arracher la peau du dessus de la tête, il le ferait ». Le commandant exigeait également des administrateurs des trois villages de la vallée haute « qu'on approvisionne le château en bois sec, paille, foin, et farine ». Au début de l'année 1635, le duc Charles IV projetant de repasser en Lorraine pour s'y rétablir par la force, reprit l'offensive. Il entra en Alsace et reprit le château du Wildenstein après avoir taillé en pièces la garnison française qui le gardait. Enfin, en 1646, les Suédois reçurent l'ordre de s'emparer du dernier bastion impérial dans le Sundgau et enlevèrent le château du Wildenstein aux Lorrains. Cela se fit plutôt par la ruse que par la force des armes. On raconte qu'un paysan de Kruth, maltraité par le gouverneur de la forteresse, aurait suggéré au commandant suédois de faire transporter des canons, la nuit, sur la "colline" faisant face au château et qui le dominait. Le général fit bon accueil à cette ruse et donna l'ordre de recouvrir le chemin qui menait à la montagne avec de la paille et du foin, et de faire recouvrir les roues des canons avec des chiffons. De leur position en surplomb ils tirèrent sur la forteresse. Les Lorrains jugèrent la résistance impossible. Ils quittèrent leur position dans l'obscurité et s'en retournèrent par l'escarpement de la forêt. Ils entendirent le bruit formidable du bombardement et des murs qui chutaient dans les profondeurs, que répercutaient les échos de la montagne. C'était le 7 avril 1646. En 1693, les villages de Kruth, Oderen et Fellering furent autorisés à prendre les pierres de taille de la forteresse pour reconstruire l'église paroissiale d'Oderen, et d'autres, pour la construction de maisons à Kruth. En 1699, des maîtres-verriers sollicités par l'abbé de Murbach pour exploiter la forêt s’installèrent dans le fonds de la vallée. Le hameau se nommait au XVIIIe siècle "die Glasshütte hinter Wildenstein" (la verrerie derrière Wildenstein). Il sera érigé en commune indépendante en 1796. La ruine Le château occupe toute la plate forme sommitale du Schlossberg sur une longueur de plus de 200m. Les vestiges datent principalement du XVIe siècle. L'accès se fait par une barbacane. L'entrée est constituée d'une galerie de 20m de long creusée entièrement dans le rocher. Elle a nécessité l'emploi de 10 mineurs durant une période d'un an ! Au milieu de la place est discernable l'emplacement de la chapelle. Une importante construction mitoyenne sur cave voûtée était probablement l'habitation de l'administrateur de la forteresse. Sur le coté Est, le château surplombe la route d'une centaine de mètres. Du coté Sud, la vue est superbe sur les villages environnants. Au Nord, se dessine le lac de Kruth - Wildenstein. Le département, propriétaire des ruines, s'est attaché à les restaurer durant quelques années. Des passerelles devraient être prochainement installées à l'emplacement de la Barbacane. _________________ On ne naît pas con, on le devient par solidarité.
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