GénéralitésA l'origine, il y a une langue mère : l'indo-européen.
Il n'y a pas de langue allemande standard au départ, mais plusieurs parlers germains, donc le latin devient facilement la langue standard, écrite ou parlée avec les étrangers par l'influence de l'église, des diplomates et des autres lettrés. La situation reste ainsi jusqu'au VIII° siècle, à la naissance des abbayes (Murbach, Wissembourg, Niederhaslach, ...) pour l'évangélisation de l'Alsace, par beaucoup de moines irlandais comme Saint Arbogast, le premier évêque de Strasbourg..
Création d'une langue écrite populaireDans un but d'évangélisation, une langue écrite populaire est créée par Ordonnance de Charlemagne en 789 : "In rusticam romanam linguam aut théodiscam" (pour les théologiens, il convient de prêcher en langue romane et tudesque (francique et roman), afin d'être compris de tous). Des textes apparaissent dans ces langues : ce sont les écritures saintes qui sont transposées en premier.
Dans le Livre des Évangiles, entre 830 et 868, le moine Otfried de Wissembourg traduit des passages de la bible en francique et compose le "KRIST" où l'on constate la présence de rimes, ce qui en fait le premier poète de langue allemande.
Une langue du peuple est en place, écrite.
Vers un allemand unifiéEntre 1100 et 1250, le "Minnesang", poésie courtoise, est chantée par les "Minnesänger" (trouvère, troubadour) dont un des plus grand exemples est Tristan et Iseult de Gotfried de Strasbourg.
Mais de la Mer du Nord au Alpes, on rencontre différentes familles de langues, du Nord au Sud le Bas Allemand, puis l'Allemand Moyen et enfin le Haut Allemand (Franc + Alémanique + Bavarois).
L'allemand étant davantage unifié par la disparition des régionalismes, favorise la réforme par la traduction du Nouveau testament de la Bible de Luther en 1522. Luther devient alors le centre de l'Allemagne par l'importance de la Bible, et la langue de Luther devient la langue allemande de référence. Luther est donc le créateur de l'allemand standard moderne.
Un autre facteur unifiant est l'imprimerie, vers 1450 avec l'apparition des caractères mobiles. Jusqu'en 1485, on emploie les formes alémaniques de la langue. Après 1525, les formes alémaniques sont disparues, car il y a un alignement sur l'allemand standard pour ce faire comprendre.
Les dialectes continueront à être parlés, mais il n'y aura plus d'évolution forte. L'Alsacien du XX° siècle est très proche de l'Alsacien du XV° et XVI° siècle. Par contre, il y a évolution de l'allemand écrit puis parlé à partir du XVII° et XVIII° siècle. A l'oral, on utilise le dialecte et à l'écrit on utilise l'allemand.
L'Alsacien est ensuite coupé de toute production littéraire par la Guerre de Trente Ans (1618-1648) qui a beaucoup secoué l'Alsace. Mais l'Alsace reprendra vigueur une fois l'épreuve passée.
Survivance d'un dialecteC'est toutefois à la survivance des ses dialectes que l'Alsace doit d'exister comme une région différente des autres. Le dialecte alsacien, d'origine alémanique, est parlé dans toute la province avec des nuances au nord et au sud. C'est une langue de communication sans expression écrite.
Jusqu'en 1648, c'est l'allemand qui était enseigné dans les écoles. C'était aussi la langue du culte. Après l'annexion de l'Alsace au royaume de France, le français pénétra la haute bourgeoisie mais l'allemand resta la langue administrative tandis que les classes moyennes et le peuple continuaient à parler le dialecte. Peu à peu, l'Alsace est venue au français.
Cependant de 1870 à 1945, en raison des vicissitudes historiques, l'Alsace fut obligée d'admettre une langue principale et officielle à chaque changement de régime, tantôt l'allemand, tantôt le français. Ainsi quand en 1871 le traité de Francfort cèda à l'empire allemand la presque totalité de l'Alsace-Lorraine, le français fut aussitôt interdit dans l'enseignement primaire et dans la presse. Une clause du traité donnait toutefois aux Alsaciens la possibilité d'opter pour la nationalité française et de quitter la province. Le départ des enseignants et des notables facilita la germanisation.
Après la seconde guerre mondiale, pour encourager le retour à la langue de Molière, le gouvernement français proclama que les éditions en langue allemande des principaux journaux alsaciens devaient utiliser exclusivement le français pour la publicité et les pages sportives. Aujourd'hui, le français est à nouveau la langue de la grande majorité des Alsaciens. Quoique toujours très employé, le dialecte régresse.
ConclusionL'Alsacien est né au IV° et V° siècle, de l'alémanique et du francique, et a été en évolution jusqu'au XV° et XVI° siècle.