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 Der blutige Sonntag

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Manu
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Date d'inscription: 13/04/2005

MessageSujet: Der blutige Sonntag   Lun 1 Sep - 21:51

Der blutige Sonntag

Citation:
Le dimanche sanglant ou l'affrontement entre communistes/autonomistes alsaciens-lorrains et fascistes français dans les rues de Colmar le 22 août 1926

Les autonomistes alsaciens-lorrains se rendent ce jour-là à Colmar forts
d'une autorisation préfectorale. Ils ignorent alors le guet-apens tendu
par la préfecture qui a rassemblé entre temps une coalition de
patriotes et de fascistes, pour empêcher la réunion. Parmi ces
commandos, recrutés dans les villes françaises limitrophes pour
défendre la «patrie en danger» et qui ont à leur tête Maître Kalb de
Colmar et Auguste Wallach de Mulhouse, on trouve pêle-mêle d'anciens
légionnaires et engagés volontaires français, des médaillés militaires,
d'anciens combattants et les fascistes du Faisceau des Combattants.

Vers
midi, le Docteur Eugène Ricklin (ancien président du Landtag
alsacien-lorrain), 64 ans, accompagné de Zadock, invalide de guerre,
voient fondre sur eux une troupe d'environ 25 patriotes armés de cannes
plombées, de matraques en caoutchouc et de lattes cloutées. Le Docteur
Ricklin, frappé à la tête, s'écroule couvert de sang tandis qu'à ses
côtés le reste des assaillants s'acharnent sur l'invalide Zadock, qui a
perdu un bras à la guerre. Il est roué de coups aux cris de : «Encore un de ces cochons qui ont combattu contre nous dans l'armée allemande !».

Sur
tout le parcours conduisant de la gare à la salle de réunion des
Catherinettes, les autonomistes, sans armes, subissent les assauts
répétés des commandos de patriotes. La police assiste, passive, aux
brutalités perpétrées par les "patriotes" sur les autonomistes, venus
manifester pacifiquement.

Ces derniers, victimes des agressions,
feront malgré tout les frais des arrestations et des procès-verbaux de
la police. Le lendemain, quatre d'entre eux sont condamnés à quelques
jour de prison.

Le Journal de l'Est du 23 août 1926 inscrivait en première page une «bonne journée pour la France».

*

L'historien Pierri Zind nous livre l'évènement dans son ouvrage "Alsace-Lorraine: une nation interdite" (éditions Copernic)

<blockquote>«
Vers 14h30 les autonomistes se présentaient devant la salle des
Catherinettes, marchant au pas en rangs par quatre, avec en tête quinze
rangées de la Strassburger Schutztruppe (troupe de protection strasbourgeoise en réponse aux aggressions fascistes)conduite
par le boxeur Kiehl, la canne à la main. Environ 150 communistes
suivaient sans arme, et derrière eux les membres du Heimatbund arborant
le ruban ethnique rouge-blanc. Quelques abbés, comme l'abbé Rohmer de
Wintzenheim et le vicaire d'lngersheim, conduisaient de pacifiques
campagnards. Soudain retentirent des coups de sifflet: royalistes,
fascistes, engagés volontaires et anciens combattants passaient à la
riposte, à coup de cannes plombées, de matraques, de casse-tête et de
coups de poings américains. Un autonomiste resta quatre jours dans le
coma. Gendarmes et policiers n'intervinrent point pour protéger les
combattants de l'indépendance et assurer la liberté de réunion, au
contraire ils dressèrent des procès-verbaux contre les victimes. L'une
d'elle, ayant failli passer sous les pieds des chevaux, protesta. Un
gendarme la prit par la nuque, lui braqua son revolver sur le front, et
la fit ainsi passer entre deux haies de contre-manifestants qui la
frappaient à coups redoublés. Gendarmes et policiers avaient reçu des
ordres supérieurs. Environs 120 à 150 Heimatbündler parvinrent
à se retrancher avec Joseph Rossé et l'abbé Fashauer dans le jardin du
Cercle Saint Martin, d'où ils réussirent à repousser les assauts de
leurs aggresseurs. Quelques autonomistes furent arrêtés et condamnés à
3 ou 4 jours de prison. Quant au préfet Henri Gassern, il régala ensuite de Freibier (bière gratuite à volonté) les gendarmes et contre-manifestants patriotes, aux frais du peuple alsacien-lorrain. »</blockquote>



<blockquote>
http://unsri-heimet.blogspot.com/
</blockquote>
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